Qu’est-ce que les prélèvements sociaux ?
Les prélèvements sociaux s'appliquent à la plupart de vos revenus de placement. On explique ce qu'ils financent, quels supports sont concernés et comment ils sont retenus.
Contents
- Prélèvements sociaux : la définition simple
- De quoi sont-ils composés ?
- Combien coûtent-ils en 2026 ? Les taux à connaître
- Prélèvements sociaux et impôt sur le revenu : quelle différence ?
- Les placements exonérés (ou allégés)
- Les livrets réglementés : 0 prélèvement
- Le PEA : exonéré d'impôt, mais pas de prélèvements sociaux
- L'assurance-vie : prélèvements sociaux à 17,2 %
- Quand et comment les paie-t-on ?
- En résumé
Les prélèvements sociaux sont un ensemble de contributions prélevées sur vos revenus du patrimoine et de placement (intérêts, dividendes, plus-values, loyers…). Ils s'ajoutent à l'impôt sur le revenu et financent la protection sociale. Concrètement : dès qu'un placement rapporte un gain imposable, une partie part en prélèvements sociaux — sauf sur les livrets réglementés, totalement exonérés. En 2026, leur taux est de 18,6 % sur la plupart des revenus mobiliers et reste à 17,2 % dans plusieurs cas particuliers : assurance-vie, PEL/CEL, location nue et plus-values immobilières. Les loyers d'une location meublée, eux, suivent les 18,6 %.
Prélèvements sociaux : la définition simple
Les prélèvements sociaux ne sont pas un impôt unique, mais un paquet de trois contributions appliquées à vos revenus « du capital » :
- la CSG (contribution sociale généralisée),
- la CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale),
- le prélèvement de solidarité.
Additionnées, ces contributions forment un taux global. Elles servent à financer la Sécurité sociale, à rembourser la dette sociale et à alimenter des mécanismes de solidarité. C'est pour cela qu'on les paie « en plus » de l'impôt sur le revenu : ce ne sont pas les mêmes prélèvements, même s'ils sont souvent réglés en même temps.
Point clé pour un épargnant : les prélèvements sociaux s'appliquent même quand un revenu est exonéré d'impôt sur le revenu. Un gain peut échapper à l'impôt et rester soumis aux prélèvements sociaux (c'est le cas du PEA de plus de 5 ans, par exemple).
De quoi sont-ils composés ?
Historiquement, le taux de référence des prélèvements sociaux sur le patrimoine est de 17,2 %, décomposé ainsi :
| Contribution | Taux |
|---|---|
| CSG | 9,2 % |
| CRDS | 0,5 % |
| Prélèvement de solidarité | 7,5 % |
| Total | 17,2 % |
Ce taux de 17,2 % reste celui qui s'applique aujourd'hui à plusieurs revenus (assurance-vie, revenus fonciers de location nue, plus-values immobilières, PEL/CEL). En revanche, en 2026, les prélèvements sociaux sur les revenus mobiliers imposables (intérêts, dividendes, plus-values de valeurs mobilières, crypto) ont été portés à 18,6 %. Deux dates d'effet coexistent : le nouveau taux vaut dès les revenus 2025 — déclarés au printemps 2026 — pour les plus-values de valeurs mobilières et de crypto, et à compter du 1ᵉʳ janvier 2026 pour les dividendes et les intérêts prélevés à la source. C'est cette hausse qui explique que la « flat tax » globale ait changé de niveau (voir plus bas).
À savoir : une partie de la CSG est déductible de votre revenu imposable de l'année suivante, mais uniquement si vous choisissez le barème progressif de l'impôt sur le revenu — jamais lorsque vous restez au prélèvement forfaitaire (le PFU).
Combien coûtent-ils en 2026 ? Les taux à connaître
Le taux dépend du type de revenu concerné. Voici les cas les plus courants :
| Type de revenu | Prélèvements sociaux 2026 |
|---|---|
| Intérêts imposables, dividendes, plus-values mobilières (compte-titres) | 18,6 % |
| Crypto-actifs (plus-values imposables) | 18,6 % |
| Gains d'un PEA (retrait effectué en 2026) | 18,6 % |
| Assurance-vie (gains imposables) | 17,2 % |
| PEL / CEL, quelle que soit la date d'ouverture | 17,2 % |
| Revenus fonciers (location nue) | 17,2 % |
| Loyers d'une location meublée (LMNP/LMP, BIC) | 18,6 % |
| Plus-values immobilières | 17,2 % |
| Livret A, LDDS, LEP, Livret Jeune | 0 % (exonéré) |
Deux régimes cohabitent donc en 2026 : 18,6 % pour les revenus mobiliers « classiques », et 17,2 % pour une série d'exceptions : l'assurance-vie, les PEL et CEL, la location nue et les plus-values immobilières. Attention à ne pas résumer cela par « l'immobilier » : les loyers d'une location meublée (BIC) relèvent, eux, des 18,6 %, dès les loyers 2025 déclarés au printemps 2026.
Prélèvements sociaux et impôt sur le revenu : quelle différence ?
L'impôt sur le revenu (IR) et les prélèvements sociaux (PS) sont deux prélèvements distincts. Sur les revenus mobiliers, ils sont le plus souvent réglés ensemble via le prélèvement forfaitaire unique (PFU), aussi appelé « flat tax » :
PFU 2026 = 31,4 % = 12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux.
Autrement dit, sur un compte-titres ordinaire, les prélèvements sociaux représentent la plus grosse part de la note. Pour comprendre le mécanisme d'ensemble, l'option pour le barème et les cas où elle est avantageuse, lisez notre guide dédié : La flat tax (PFU) expliquée simplement.
Exemple chiffré. Vous encaissez 1 000 € de dividendes sur un compte-titres en 2026 :
- Impôt sur le revenu (12,8 %) : 128 €
- Prélèvements sociaux (18,6 %) : 186 €
- Total prélevé : 314 € → il vous reste 686 € nets.
Les prélèvements sociaux (186 €) pèsent ici plus lourd que l'impôt sur le revenu (128 €).
Les placements exonérés (ou allégés)
Tous les placements ne sont pas logés à la même enseigne. Certains échappent totalement aux prélèvements sociaux, d'autres n'y sont soumis qu'en partie.
Les livrets réglementés : 0 prélèvement
Les intérêts du Livret A, du LDDS, du LEP et du Livret Jeune sont exonérés d'impôt sur le revenu ET de prélèvements sociaux. Aucun PFU, aucune CSG : ce que le livret affiche, c'est ce que vous touchez.
Exemple. 1 000 € d'intérêts sur un Livret A = 1 000 € nets, sans le moindre prélèvement. C'est l'un des grands atouts de l'épargne réglementée. Pour savoir lequel ouvrir en priorité, voyez Livret A, LDDS, LEP : quel livret choisir et dans quel ordre ?.
Le PEA : exonéré d'impôt, mais pas de prélèvements sociaux
Le Plan d'épargne en actions est une enveloppe très avantageuse : après 5 ans, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu. Mais attention : les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus au moment du retrait : ils sont liquidés au taux en vigueur ce jour-là, sur la totalité du gain net du plan. On passe donc de 31,4 % (sur un compte-titres) à seulement 18,6 % de prélèvements — l'impôt disparaît, pas les prélèvements sociaux. Le détail du fonctionnement est dans Le PEA expliqué de A à Z, et la comparaison des deux enveloppes dans PEA ou CTO : quelle enveloppe choisir ?.
L'assurance-vie : prélèvements sociaux à 17,2 %
Sur l'assurance-vie, les gains imposables supportent des prélèvements sociaux au taux de 17,2 % (et non 18,6 %). Combinés à la fiscalité propre au contrat, notamment après 8 ans, cela peut aboutir à une imposition allégée. Le mécanisme complet est détaillé dans Fiscalité de l'assurance-vie après 8 ans.
Quand et comment les paie-t-on ?
- Sur les placements financiers (dividendes, intérêts, plus-values de compte-titres) : les prélèvements sociaux sont le plus souvent prélevés à la source par votre banque ou courtier, en même temps que l'acompte d'impôt, puis régularisés via votre déclaration de revenus.
- Sur les revenus fonciers : ils sont calculés lors de la déclaration annuelle et recouvrés avec l'impôt correspondant.
- Sur le PEA : ils sont prélevés au moment du retrait, pas chaque année.
Dans tous les cas, ils apparaissent sur votre avis d'imposition, distincts de la ligne « impôt sur le revenu ».
En résumé
- Les prélèvements sociaux = CSG + CRDS + prélèvement de solidarité, appliqués aux revenus du patrimoine et de placement.
- Ils sont distincts de l'impôt sur le revenu, mais souvent réglés en même temps.
- 2026 : 18,6 % sur les revenus mobiliers (intérêts, dividendes, plus-values de compte-titres, crypto) ; 17,2 % sur l'assurance-vie, les PEL et CEL quelle que soit leur date d'ouverture, la location nue et les plus-values immobilières ; les loyers meublés (BIC), eux, sont à 18,6 %.
- Combinés à l'impôt (12,8 %), ils forment la flat tax à 31,4 % sur les revenus mobiliers.
- Livret A, LDDS, LEP, Livret Jeune : totalement exonérés (0 prélèvement).
- PEA après 5 ans : pas d'impôt, mais 18,6 % de prélèvements sociaux sur les gains.
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Article à visée pédagogique et informative : il ne constitue pas un conseil fiscal ou en investissement personnalisé. Les taux et règles cités correspondent à la situation applicable en 2026 et peuvent évoluer. Pour votre cas précis, appuyez-vous sur les sources officielles (service-public.fr, impots.gouv.fr) ou sur un professionnel.
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