Barème de l’impôt sur le revenu : le point T1 2026
Le point du 1er trimestre 2026 sur le barème de l'impôt sur le revenu : comment il se lit, tranche par tranche, et ce que ça implique pour vous.
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Sommaire
Chaque année, l'impôt sur le revenu (IR) repose sur un barème progressif que l'État réévalue. Ce « point » du premier trimestre 2026 fait le tri : les tranches à jour, ce qui a réellement changé, et surtout comment ce barème touche — ou ne touche pas — votre épargne.
Le barème 2026 s'applique aux revenus perçus en 2025, que vous déclarez au printemps 2026. Il a été fixé par la loi de finances pour 2026, promulguée le 19 février 2026, avec une revalorisation des tranches de +0,9 % pour suivre (partiellement) l'inflation. Autrement dit : à revenu égal, vous êtes très légèrement moins imposé qu'avec le barème précédent, car les seuils ont été relevés.
Le barème 2026 en un tableau
Voici les cinq tranches applicables aux revenus 2025, par part de quotient familial :
| Fraction du revenu net imposable (par part) | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 11 600 € | 0 % |
| De 11 601 € à 29 579 € | 11 % |
| De 29 580 € à 84 577 € | 30 % |
| De 84 578 € à 181 917 € | 41 % |
| Au-delà de 181 917 € | 45 % |
Ces seuils s'entendent pour une part. Un célibataire compte 1 part ; un couple marié ou pacsé, 2 parts ; s'y ajoutent des demi-parts ou parts pour les personnes à charge. On y revient plus bas.
Taux marginal et taux moyen : la confusion à éviter
Le barème est progressif : chaque euro de revenu est imposé au taux de sa tranche, pas au taux de la tranche la plus haute que vous atteignez. Passer dans la tranche à 30 % ne signifie donc pas que tout votre revenu est taxé à 30 %.
Prenons un célibataire (1 part) avec 30 000 € de revenu net imposable :
- de 0 à 11 600 € : 0 € d'impôt ;
- de 11 601 à 29 579 € : 17 979 € × 11 % = 1 977,69 € ;
- de 29 580 à 30 000 € : 421 € × 30 % = 126,30 € ;
- total ≈ 2 104 € (avant décote et réductions éventuelles).
Deux chiffres à distinguer :
- le taux marginal d'imposition (TMI) — ici 30 % — est le taux qui frappe votre dernier euro gagné. C'est lui qui compte pour raisonner « si je gagne 100 € de plus » ou « si je déduis 100 € » ;
- le taux moyen — ici environ 7 % (2 104 € / 30 000 €) — est le poids réel de l'impôt sur l'ensemble de votre revenu. Il est toujours plus faible que le TMI.
Retenez surtout le TMI : c'est la boussole de la plupart des décisions d'épargne et de défiscalisation.
Le quotient familial : pourquoi vos « parts » changent tout
Le barème ne s'applique pas directement à votre revenu total. Le calcul se fait en trois temps :
- on divise le revenu net imposable du foyer par le nombre de parts ;
- on applique le barème à ce résultat (le revenu « par part ») ;
- on multiplie l'impôt obtenu par le nombre de parts.
Ce mécanisme adoucit l'imposition des familles : à revenu global identique, un couple avec enfants est moins imposé qu'un célibataire. L'avantage tiré des demi-parts est toutefois plafonné — au-delà d'un certain gain, la réduction est écrêtée. Le simulateur officiel d'impots.gouv.fr reste le moyen le plus fiable de connaître votre situation exacte.
Ce qui bouge (et ce qui ne bouge pas) au T1 2026
La revalorisation de +0,9 %. C'est le principal ajustement : les seuils de toutes les tranches ont été relevés. Sans cette indexation, une simple hausse de salaire au rythme de l'inflation vous aurait fait « glisser » vers le haut du barème sans gain de pouvoir d'achat réel.
La décote, toujours automatique. Pour les foyers modestes proches du seuil d'entrée, une décote réduit, voire annule, l'impôt. En 2026, elle joue tant que l'impôt brut ne dépasse pas environ 1 982 € pour une personne seule et 3 277 € pour un couple soumis à imposition commune. Rien à demander : l'administration l'applique seule.
Le prélèvement à la source « chacun son taux ». Depuis le 1er septembre 2025, le taux de prélèvement à la source est individualisé par défaut au sein des couples mariés ou pacsés : chacun est prélevé selon ses propres revenus. Le montant total d'impôt du foyer ne change pas — seule la répartition entre les deux conjoints évolue. Les couples qui préfèrent un taux commun peuvent toujours l'indiquer à l'administration.
À noter : le barème ci-dessus fixe l'impôt annuel. Le taux de prélèvement à la source, lui, n'est qu'une avance calculée à partir de ce barème et de votre dernière déclaration.
Barème, flat tax et livrets : où se situe votre épargne ?
C'est le point qui intéresse le plus les épargnants : tous les revenus ne passent pas par ce barème.
Vos livrets réglementés sont hors barème et hors impôt. Les intérêts du Livret A, du LDDS et du LEP sont totalement exonérés d'impôt sur le revenu ET de prélèvements sociaux. On ne leur applique ni le barème, ni la « flat tax ». Pour mémoire, depuis le 1er août 2026 (arrêté du 28 juillet 2026), le Livret A et le LDDS rapportent 1,70 % et le LEP 2,5 % (taux du LEP inchangé depuis le 1er février 2026 ; plafonds respectifs de 22 950 €, 12 000 € et 10 000 €. Source : service-public.gouv.fr, consultée le 20 août 2026). Pour savoir lequel remplir en priorité, voyez notre guide Livret A, LDDS, LEP : quel livret choisir et dans quel ordre. Attention en revanche : contrairement au Livret A, les intérêts d'un CEL ou d'un PEL ouvert depuis 2018 sont, eux, imposables.
Vos revenus de placements financiers relèvent en principe de la « flat tax ». Les intérêts imposables, les dividendes, les plus-values de valeurs mobilières (sur un compte-titres) et les plus-values de cryptomonnaies sont soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % en 2026, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux — et non 30 %. On détaille ce mécanisme dans La flat tax (PFU) expliquée simplement.
Vous pouvez parfois préférer le barème au PFU. Chaque année, vous avez le choix d'opter pour l'imposition au barème progressif de vos revenus mobiliers, à la place du PFU. Cette option est globale (elle vaut pour l'ensemble de ces revenus) et peut être intéressante si votre TMI est de 0 % ou 11 % : le taux d'IR appliqué devient alors inférieur aux 12,8 % de la flat tax. En optant pour le barème, une partie de la CSG devient en outre déductible de votre revenu. À l'inverse, avec un TMI de 30 % ou plus, le PFU reste généralement plus avantageux. C'est un arbitrage à refaire chaque année.
Certaines enveloppes gardent leur fiscalité propre, souvent plus douce, et des prélèvements sociaux à 17,2 % (contre 18,6 % sur les revenus mobiliers) : c'est le cas de l'assurance-vie, des revenus fonciers et des plus-values immobilières. Le PEA, lui, est exonéré d'impôt sur le revenu sur ses gains après 5 ans de détention (les prélèvements sociaux restant dus). Pour comparer, lisez PEA, CTO ou assurance-vie : quelle enveloppe ? et Fiscalité de l'assurance-vie après 8 ans. Côté cryptos, notre point dédié récapitule ce qu'il faut déclarer : Fiscalité des cryptos en France en 2026.
Agir sur son TMI, sans se forcer
Comprendre le barème permet de mieux lire quelques leviers légaux — sans qu'aucun ne soit une obligation ni un conseil personnalisé :
- certaines sommes se déduisent du revenu imposable (par exemple les versements sur un PER, dans des limites précises), ce qui réduit surtout l'impôt des foyers à TMI élevé. Le principe est expliqué dans Le PER expliqué ;
- d'autres dispositifs ouvrent droit à une réduction ou un crédit d'impôt. Notre comparatif Réduire ses impôts en 2026 : PER, IR-PME et déficit foncier les met en regard.
L'idée n'est pas de « défiscaliser à tout prix », mais de choisir un placement pour ce qu'il vaut, la carotte fiscale venant ensuite.
En résumé
- Le barème 2026 (revenus 2025) comporte 5 tranches : 0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %, revalorisées de +0,9 %.
- Votre TMI guide vos décisions ; votre taux moyen, plus faible, mesure le poids réel de l'impôt.
- Le quotient familial allège l'impôt des foyers avec personnes à charge (avantage plafonné).
- Nouveautés à retenir : décote automatique pour les revenus modestes et taux de prélèvement à la source individualisé par défaut pour les couples depuis septembre 2025.
- Livret A, LDDS, LEP : exonérés, jamais soumis au barème ni au PFU. Les revenus mobiliers relèvent du PFU à 31,4 %, avec option possible pour le barème si votre TMI est faible.
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Contenu éducatif portant sur le barème 2026 (revenus 2025), mis à jour le 20 août 2026. Il ne constitue pas un conseil fiscal ou en investissement personnalisé. Les taux, seuils et règles évoluent : vérifiez votre situation avec le simulateur et les fiches officielles d'impots.gouv.fr et service-public.gouv.fr, ou auprès d'un professionnel.
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