Calendrier fiscal de l’épargnant : le point T1 2026
Le point du 1er trimestre 2026 sur le calendrier fiscal de l'épargnant : les dates clés à anticiper pour rester en règle et bien piloter votre épargne.
Dernière mise à jour :
Sommaire
- Pourquoi tenir un calendrier fiscal quand on épargne ?
- Janvier : la flat tax passe à 31,4 % pour les dividendes et les intérêts
- Attention : toutes les taxes ne sont pas passées à 18,6 %
- Février : nouveaux taux des livrets et arrivée de votre IFU
- Les taux de l'épargne réglementée révisés
- Votre imprimé fiscal unique (IFU)
- Les bonnes nouvelles : ce qui reste exonéré ou allégé
- Les livrets totalement défiscalisés
- Le PEA : l'enveloppe patiente
- L'assurance-vie : un régime à part
- Le cas PEL / CEL
- Printemps : la campagne de déclaration des revenus
- En résumé
Chaque début d'année, la fiscalité de l'épargne bouge : nouveaux taux, nouvelles règles, et bientôt la déclaration de revenus. 2026 ne fait pas exception, avec un changement de fond qui prend effet en deux temps : dès les gains 2025 pour les plus-values, au 1er janvier 2026 pour les dividendes et les intérêts. Ce « point T1 » n'est pas une consigne d'achat ni un conseil personnalisé : c'est un repère de calendrier, pour savoir ce qui a changé, ce qui reste avantageux, et quelles échéances préparer sereinement au fil de l'année.
Pourquoi tenir un calendrier fiscal quand on épargne ?
Votre épargne ne vit pas au rythme de vos décisions, mais aussi à celui de dates administratives qui reviennent chaque année : révision des taux réglementés en février, envoi des documents fiscaux par les banques, puis campagne de déclaration au printemps. Connaître ces rendez-vous évite deux écueils classiques : payer un impôt qu'on aurait pu anticiper, et surtout appliquer par erreur une taxe à un placement qui en est exonéré.
Car toute l'épargne n'est pas logée à la même enseigne. Certains produits sont totalement défiscalisés, d'autres supportent une taxation forfaitaire, d'autres encore bénéficient d'un régime allégé. Faire le tri, c'est déjà mieux piloter son argent.
Janvier : la flat tax passe à 31,4 % pour les dividendes et les intérêts
C'est le changement majeur de 2026. Le prélèvement forfaitaire unique (PFU), la fameuse « flat tax » qui s'applique par défaut aux revenus de placements financiers, passe de 30 % à 31,4 % en 2026. Pour les dividendes et les intérêts, prélevés à la source, c'est effectif depuis le 1er janvier 2026 ; pour les plus-values, la hausse vaut dès les gains 2025, déclarés au printemps 2026 (voir plus bas).
Ce taux se décompose ainsi :
- 12,8 % d'impôt sur le revenu (part inchangée depuis 2018) ;
- 18,6 % de prélèvements sociaux (contre 17,2 % auparavant).
La hausse ne vient donc pas de l'impôt, mais des prélèvements sociaux, relevés à 18,6 % sur une grande partie des revenus du capital (via une CSG portée à 10,6 %). Pour comprendre le mécanisme dans le détail, l'article La flat tax (PFU) expliquée simplement reprend tout depuis le début.
Concrètement, ce PFU de 31,4 % concerne notamment :
- les intérêts des placements imposables (livrets bancaires fiscalisés, super-livrets, comptes à terme) ;
- les dividendes d'actions ;
- les plus-values de valeurs mobilières réalisées sur un compte-titres ordinaire (CTO) ;
- les plus-values de cession de crypto-actifs.
Deux dates d'effet à ne pas confondre, et c'est ce qui compte au moment de déclarer : la hausse des prélèvements sociaux s'applique dès les revenus 2025 — ceux déclarés au printemps 2026 — pour les plus-values de valeurs mobilières et de crypto-actifs, qui sont des revenus du patrimoine. Pour les dividendes et les intérêts, prélevés à la source, elle ne concerne que les revenus encaissés à compter du 1er janvier 2026.
À noter : le PFU est une option par défaut. Vous pouvez, sur votre déclaration, choisir l'imposition au barème progressif de l'impôt sur le revenu si elle vous est plus favorable (option globale, à évaluer selon votre situation).
Attention : toutes les taxes ne sont pas passées à 18,6 %
Certains revenus conservent des prélèvements sociaux à 17,2 %, ce qui maintient leur taux global à 30 % lorsque le PFU s'applique. C'est le cas notamment de l'assurance-vie, des PEL et CEL ouverts avant 2018, du PEP, mais aussi des revenus fonciers (location nue) et des plus-values immobilières. Côté impôt sur le revenu, la date compte pour le PEL : un PEL ouvert depuis 2018 relève du PFU, alors qu'un PEL ouvert avant 2018 n'y est pas soumis pendant ses douze premières années. Les intérêts d'un CEL, eux, relèvent du PFU.
| Type de revenu | Prélèvements sociaux 2026 | Taux global (avec PFU) |
|---|---|---|
| Intérêts imposables, dividendes, plus-values CTO, plus-values crypto | 18,6 % | 31,4 % |
| Assurance-vie, PEL et CEL ouverts avant 2018, PEP | 17,2 % | 30 % |
| Revenus fonciers, plus-values immobilières | 17,2 % | (barème / régime propre) |
Février : nouveaux taux des livrets et arrivée de votre IFU
Les taux de l'épargne réglementée révisés
Les taux des livrets réglementés sont recalculés deux fois par an et entrent en vigueur au 1er février et au 1er août. Du 1er février au 31 juillet 2026, ils se sont établis ainsi :
| Livret | Taux du 1er février au 31 juillet 2026 | Plafond de versements |
|---|---|---|
| Livret A | 1,5 % | 22 950 € |
| LDDS | 1,5 % | 12 000 € |
| LEP (sous conditions de revenus) | 2,5 % | 10 000 € |
| CEL | 1 % | 15 300 € |
| Livret Jeune | au moins 1,5 % (fixé par la banque) | 1 600 € |
Mise à jour du 26 août 2026 : la révision suivante est intervenue. Depuis le 1er août 2026, le Livret A et le LDDS rapportent 1,70 %, le CEL 1,25 % et le Livret Jeune au moins 1,70 % ; le LEP reste à 2,50 %. Prochaine révision au 1er février 2027.
Le PEL ouvert depuis le 1er janvier 2026 offre, lui, un taux de 2 % — mais attention, sa fiscalité n'est pas celle des livrets défiscalisés (voir plus bas). Pour choisir dans quel ordre remplir ces enveloppes, l'article Livret A, LDDS, LEP : quel livret et dans quel ordre ? donne une méthode simple.
Rappel utile : un taux qui baisse ne veut pas dire un rendement « réel » négatif ou positif en soi — tout dépend de l'inflation. C'est le sujet de l'article Inflation : pourquoi votre Livret A peut vous faire perdre de l'argent.
Votre imprimé fiscal unique (IFU)
En février, votre banque et vos courtiers vous transmettent votre imprimé fiscal unique (IFU). Ce document récapitule les revenus de capitaux mobiliers de l'année précédente : intérêts imposables, dividendes, plus-values et moins-values sur valeurs mobilières. Les établissements le transmettent aussi à l'administration fiscale, qui pré-remplit une partie de votre déclaration.
Le bon réflexe : conserver cet IFU et le comparer, au printemps, avec les montants pré-remplis. Les erreurs ou oublis existent (surtout en cas de comptes dans plusieurs établissements ou à l'étranger), et c'est à vous de corriger si besoin.
Les bonnes nouvelles : ce qui reste exonéré ou allégé
C'est le point à retenir absolument. Le PFU de 31,4 % ne s'applique jamais aux livrets réglementés.
Les livrets totalement défiscalisés
Les intérêts du Livret A, du LDDS, du LEP et du Livret Jeune sont exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux (article 157 du Code général des impôts). Vous ne déclarez rien, vous ne payez rien : le taux affiché est le taux réellement encaissé. Sur 100 € d'intérêts, vous gardez 100 €. Un placement fiscalisé équivalent, lui, en laisserait près d'un tiers à la fiscalité.
Le PEA : l'enveloppe patiente
Le plan d'épargne en actions (PEA) échappe à l'impôt sur le revenu sur les gains après 5 ans de détention. Restent dus, sur ces gains, les prélèvements sociaux à 18,6 % (taux 2026). Ce n'est donc pas une exonération totale, mais un allègement fort pour qui investit à long terme. Le fonctionnement, les plafonds et les pièges sont détaillés dans Le PEA expliqué de A à Z.
L'assurance-vie : un régime à part
L'assurance-vie conserve des prélèvements sociaux à 17,2 % et, après 8 ans, un abattement annuel sur les gains retirés, qui peut réduire — voire annuler — l'impôt sur les rachats mesurés. C'est ce qui en fait une enveloppe souvent citée pour le long terme. Le détail des règles figure dans Fiscalité de l'assurance-vie après 8 ans.
Le cas PEL / CEL
Contrairement au Livret A, les intérêts d'un PEL et d'un CEL ouverts depuis 2018 sont imposables, au PFU, avec des prélèvements sociaux à 18,6 %, soit un taux global de 31,4 %. À ne pas confondre, donc, avec l'épargne réglementée défiscalisée. Un PEL ou un CEL ouvert avant 2018 conserve, lui, des prélèvements sociaux à 17,2 %, et un PEL ouvert avant 2018 échappe en outre au PFU pendant ses douze premières années.
Printemps : la campagne de déclaration des revenus
C'est le rendez-vous fiscal le plus visible. Le service de déclaration en ligne s'ouvre début avril 2026, avec des dates limites qui varient selon votre département.
| Modalité | Date limite 2026 |
|---|---|
| Déclaration papier (pour les cas encore autorisés) | 19 mai 2026 |
| En ligne — départements 01 à 19 et non-résidents | 21 mai 2026 |
| En ligne — départements 20 à 54 | 28 mai 2026 |
| En ligne — départements 55 à 976 | 4 juin 2026 |
(Dates 2026 ; vérifiez toujours celles qui vous concernent sur impots.gouv.fr.)
Quelques points de vigilance pour un épargnant :
- Vérifier le pré-rempli avec votre IFU : dividendes, intérêts, plus-values.
- Arbitrer PFU ou barème : cocher l'option pour le barème progressif si elle vous est plus favorable (choix global, à simuler avant de valider).
- Déclarer ses plus-values crypto imposables et, le cas échéant, ses comptes d'actifs numériques ouverts à l'étranger. Les règles sont résumées dans Fiscalité des cryptos en France : ce qu'il faut déclarer en 2026.
- Ne pas oublier les revenus de SCPI, crowdlending et autres placements : voir Fiscalité des SCPI et du crowdlending en 2026.
- Penser aux dispositifs de réduction (versements PER déductibles, IR-PME, déficit foncier) si votre situation s'y prête : Réduire ses impôts en 2026.
Une fois la déclaration validée, l'administration calcule le solde : un éventuel remboursement (trop-perçu du prélèvement à la source) ou un complément à régler intervient à l'été, et le taux de prélèvement à la source est actualisé à l'automne.
En résumé
- Flat tax (PFU) 2026 : elle passe à 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux), avec deux dates d'effet : dès les revenus 2025, déclarés au printemps 2026, pour les plus-values de valeurs mobilières et de crypto ; à compter du 1er janvier 2026 pour les dividendes et les intérêts prélevés à la source.
- Exceptions à 17,2 % de prélèvements sociaux (soit 30 % au global quand le PFU s'applique) : assurance-vie, PEL et CEL ouverts avant 2018, PEP, revenus fonciers de location nue et plus-values immobilières.
- 1er février 2026 : Livret A et LDDS à 1,5 %, LEP à 2,5 %, CEL à 1 % ; les intérêts des livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP, Livret Jeune) restent totalement exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux.
- 1er août 2026 : révision suivante — Livret A et LDDS à 1,70 %, LEP maintenu à 2,50 %, CEL à 1,25 %, Livret Jeune au moins 1,70 %. Prochaine révision au 1er février 2027.
- Février : conservez votre IFU pour vérifier votre déclaration.
- Le PEA est exonéré d'IR après 5 ans (mais 18,6 % de prélèvements sociaux sur les gains) ; le PEL et le CEL ouverts depuis 2018 sont imposables, au taux global de 31,4 %.
- Printemps : campagne de déclaration (ouverture début avril, échéances de mai à juin selon le département).
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Article éducatif, à jour des règles connues pour 2026. Il ne constitue pas un conseil fiscal ou patrimonial personnalisé. Les taux, plafonds et dates peuvent évoluer : vérifiez votre situation auprès des sources officielles (service-public.fr, impots.gouv.fr, Banque de France) ou d'un professionnel.
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